Des citoyens s'interrogent et nous écrivent 

inondations@peniche.com

Cher Bernard,

    Ce matin encore avec un ami, voisin et victime, nous avons conversé sur "le risque inondation". Bien que je lui ai déjà expliqué mes démarches, études, constats et narré les confidences que j'ai pu glaner çà et là auprès de la DDE, il ne croit pas ce que je lui dit, il ne croit pas que
DDE et VNF faillent par inaction. C'est terrible. Si un ami réagit comme cela, comment voulez-vous que l'opinion publique y croit ? et puisse imaginer, que même s'il y a action elle est trop tardive.

    Toujours est-il qu'une amie, dont trois personnes de sa famille travaillent à la DDE  me confirme qu'un service est en train de se constituer pour coordonner les actions des barrages
(ce qui prouve qu'il n'y en avait pas avant), et m'indique que des agents vont faire des stages de formation de deux jours (en Belgique ou en Hollande).

    Je viens de ressaisir la CADA (commission d'accès aux documents administratifs) pour demander leur intervention. Parallèlement, j'essaie d'entrer en contact avec des responsables contentieux/sinistres de compagnies d'assurances du plus haut niveau possible. Leurs actions pourraient avoir un certain poids. Quoique j'ai parfois des doutes sur l'intérêt que portent les gens aux phénomènes qui ne les touchent pas directement.

    D'autre part, je me suis mis en rapport avec le service journalistique de l'ambassade de Grande Bretagne pour savoir s'il y a déjà eu des inondations à Londres. Les recherches sont difficiles, mais compte tenu des observations que l'on peut faire sur la Tamise, on voit bien que l'action des marées agit sur son niveau, les berges sont brutes de vase, de rochers, et très dégarnies. Ce qui voudrait dire qu'il n'y a certainement pas de barrage entre Londres et la mer. Ceci explique cela.

    Une anecdote qui intéresse les
sinistrés du Gard et de l'Hérault. Il y a quatre ou cinq ans, à Laroque, un permis de construire d'une terrasse pour un débit de boisson (mais avec enrochement jusqu'au lit de l'Hérault, donc avec emprise sur le fleuve), a été délivré. Pendant l'enrochement, une ou deux fois le tout a été emporté par une crue. Cela n'a pas empêché la construction. Il y a forcément eu l'accord de la DDE et connaissance des risques par la mairie. Or à cet endroit, l'Hérault est très encaissé et ne peut s'étaler. On voit les marques faites sur le mur de l'église par des inondations assez récentes entre deux et trois mètres de hauteur par rapport à la route.

    Pour terminer, récemment, alors que tout le monde spécule sur le ou les hivers prochains et les possibles crues gigantesques, il ne semble pas y avoir de risque de sécheresse cet hiver, et les réserves d'eau auront largement le temps de se refaire vers mars/avril prochain. Cela n'a pas empêché les services publics de maintenir les niveaux relativement élevés pendant environ trois semaines. Cela vient seulement de baisser depuis fin octobre environ.

    Je vous souhaite une bonne continuation.

Bernard.MAURICE@fidal.fr (MAURICE Bernard)

 

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A suivre.........

TITRE : "Historique d'une enquête privée"

Le 12 décembre 1999, le niveau de la Seine est monté devant chez moi d'environ 1,20 mètre en une journée. Un peu plus tard je subissais ma première inondation. J'ai donc cherché à savoir pour quelles raisons des fluctuations, mineures en été et celle-ci nettement plus importante, pouvaient avoir lieu, ceci sans manifestation météorologique majeure.

Convaincu qu'il y avait là quelque chose d'anormal, ayant quelques notions d'hydraulique, je me suis rendu sur les trois derniers barrages dont dépend la basse et la haute Normandie, qui sont :
*    Méricourt sur Seine
*    Notre Dame de la Garenne
*    Amfreville sous les monts, dernier barrage avant Rouen

J'ai demandé que l'on me fournisse les cotes et débits et j'ai pu dresser quelques graphiques, plus un pour les mouvements de barrages qui précèdent Méricourt (Chatou et Andrésy).

En février 2000, j'ai rencontré Madame Ribon, ingénieur en chef des ponts et chaussées au service navigation de la DDE de Bougival, qui supervise les différents services jusqu'à Amfreville.

Mes pressentiments ont été confirmés :
*    Il n'y a pas de coordination des différents barrages. Un responsable de site ne gère que son bief, c'est à dire le plan d'eau supérieur, jusqu'au barrage suivant. Il doit respecter une certaine cote de niveau, qui permette la navigation
*    Les services de la DDE n'exploitent pas les données pour en tirer des graphiques destinés à une quelconque régulation organisée. Ce n'était encore en février 2000 qu'un objectif, une réflexion. Il semble qu'à ce jour (une inondation et demie de plus), un service soit en cours de constitution.
*    On maintient les niveaux
*    en vue de maintenir la navigation possible
*    alors que de toute évidence il faudrait les baisser dès qu'une crue s'annonce, si petite soit-elle, à fortiori puisque n'agissant pas, la navigation finira par être interrompue.
*    des mouvements anarchiques de barrages provoquent des fluctuations importantes, des vagues. Par définition, s'il y avait une gestion de ces mouvements, il n'y aurait plus de mouvements anarchiques et l'éventuelle gestion ne serait plus perturbée.

La seule façon de mettre en évidence des anomalies de régulation est d'en dresser des graphiques. La superposition des cotes de niveau et des mouvements des barrages permet d'observer la corrélation des pics ou des creux.

Pour 1999/2000 ou mars 2001, un fait est indiscutable, et il l'est des propres sources de la DDE. Le dernier barrage sur la Seine à Poses/Amfreville n'a jamais été abaissé totalement. La preuve en est qu'il restait en 1999/2000 en moyenne 0,30m d'écart entre l'amont et l'aval, et environ 0,90m en 2001. Cela a correspondu à une crue de 25cm de plus en 2001 qu'en 1999/2000.

Les rumeurs colportées dans la région de Mantes la Jolie/Vernon disent que l'on ne vide pas pour sauvegarder la ville nouvelle du Val de Reuil. Faux, je m'y suis rendu à moto au plus fort de la crue. A part quelques maisons nouvellement construites, seule la caserne de pompiers était limite inondation.
Ou encore pour ne pas inonder Rouen. Faux encore. A part les voies sur berges, les Rouennais n'ont pas été inondés. Alors pourquoi ne pas abaisser préventivement de 50 à 80cm l'amont en cas de forte montée ou risque de crue puisque la navigation serait encore possible. Pourquoi ne pas abaisser totalement au plus fort de la crue. Pour garder un peu d'eau pour l'été ?. Cela, s'est la tâche des réservoirs en amont de Paris. Encore faudrait-il qu'ils soient vides au début de l'hiver.

Juste avant les crues maximums, un creux sur les graphiques  indiquent que sur les trois barrages, la cote amont a été abaissée de 20 à 80cm, ce qui n'a pas empêché les péniches et pousseurs de franchir les écluses. Encore une fois, pourquoi ne pas abaissé préventivement. De plus, à trop tarder, on fini par les immobiliser à Paris car ils ne passent plus sous les ponts.

En amont de Méricourt sur Seine, vers le 20-23/12/2002, la vase était et est encore visible sur une des rives. Cela signifie que le chef de site fait son travail de prévention. A quoi cela peut-il servir si celui de Poses/Amfreville n'en fait pas autant.
La fatalité a le bon dos. La rumeur, encore elle, prédit une possible crue importante et prochaine (décennale tous les dix ans, centennale tous les cents ans, il est fort La Palice). La rumeur dit aussi que les nappes phréatiques sont pleines. A 2200m3/sec. en 2001 (190 millions de m3/jour), la nappe phréatique à sa vitesse de filtration habituelle n'a pas la possibilité d'en absorber beaucoup. Évidemment tout est possible, surtout si l'on ne fait pas ce qu'il faut.

"
Il est grand temps de dire la vérité, que tout le monde sache, et encore plus d'agir. Cela commence."