A Monsieur Dourlent Michel

Président de la CNBA
Comité National de la Batellerie Artisanale

34, rue du Télégraphe 75 PARIS

Annay le 24.02.05


Monsieur le Président,


      Ancien marinier, retraité, passionné de bateaux et de navigation, c’est toujours avec plaisir que je lis votre bulletin d’information. J’ai quitté la profession en 1974 comme beaucoup d’entre nous à l’époque, déroutés et peu encouragés à persévérer dans cette voie.
En ce qui me concerne, c’était plus à cause de l’incompréhension et du sectarisme de certains Syndicats traditionnels qui, de part leur individualisme profond, refusaient de voir la nécessité d’évoluer et d’adapter notre système d’affrètement face à l’ouverture des frontières et l’évolution des marchés qui allaient en découler. Le temps a passé et le nombre d’actifs s’est réduit à une peau de chagrin comme beaucoup de professions indépendantes. C’est ainsi, il faut suivre l’évolution en s’adaptant ou disparaître. Ceci est vrai depuis la nuit des temps.
A ce titre, j’ai cherché le site de la CNBA sur Internet et, stupéfaction, il n’y a pas d’adresse. Comment est-ce possible qu’un Organisme consulaire qui se veut être représentatif d’une profession n’ait pas suivi le progrès à l’instar de ses cousines : Les Chambres de Métiers ? Je ne comprends pas que ce moyen de communication extraordinaire soit boudé et ne soit pas en service dans votre institution et pourquoi ?

C’est manifestement passer à côté des fantastiques opportunités que cela offre et priver les bateliers de voir évoluer leurs possibilités de services et de communication avec de futurs clients, ouvrant ainsi une porte vers la relation directe pour la négociation de futurs contrats comme le font d’ailleurs la SNCF et les Sociétés de Transports Routiers.

J’ai depuis quelque temps, l’opportunité de rencontrer souvent des mariniers en activité et ayant conservé quelques amis dans la profession, je mesure à nouveau la difficulté de ce merveilleux métier. Je me rends compte que cela n’a pas beaucoup changé depuis mon départ et que l’un des principaux handicaps est resté : le manque de communication avec leurs clients.

Comment travailler pour quelqu’un en parfaite harmonie sans le connaître ? Voilà un but important à atteindre pour la CNBA dont ce devrait être la première vocation : Faire connaître l’Artisanat Batelier avec ses moyens de transport : économique, écologique et en pleine perspective d’avenir à cause de l’encombrement sur les routes .C’est passer à côté d’opportunités car seul le contact direct avec son client permet d’engendrer d’autres affaires. Je constate : la Batellerie Artisanale n’a pas évolué et a gardé les mêmes moyens des années 30 au grand bonheur des courtiers d’ailleurs qui ne tiennent pas du tout à ce que cela change. On les comprend ! Eux ont su évoluer et se situer sur Internet (Van Reeth et d’autres)


Le CIS.

Il ne manque pas grand-chose à ce merveilleux outil pour parfaire votre organisation. Le CIS est tout à fait bien positionné .Là Internet fonctionne. A quand la notion d’indépendance de l’affrètement ? A quand la concurrence avec les courtiers ? Vous avez la cale : VOUS êtes les patrons. Sans vous, les courtiers ne sont rien !

Connaissez-vous ce que les clients payent aux courtiers pour exécuter le transport ?
J’avais eu par pur hasard (1972) sur un transport de Clabeck-Creil une info du Patron de l’entreprise : un règlement de plus de 3 fois ce que j’avais reçu du courtier ! Ce chef d’entreprise lui-même m’avait suggéré de travailler en direct en me proposant de nous partager la différence. De là est née notre démarche d’un service commercial. Nous n’avions pas été compris des Syndicats à l’époque. J’ai quitté le métier. Beaucoup ont suivi et on peut se demander aujourd’hui qui en a porté la responsabilité devant l’hécatombe et le manque de jeunes pour reprendre le flambeau.
Le temps a passé, le bureau de tour qui maintenait les prix a disparu et les frets ont baissé. La concurrence interne s’est installée et la rentabilité de l’activité est remise en cause à chaque voyage.
C’est inéluctable car cela entre bien dans le cadre de l’offre et la demande et du marché Européen. Cela, on ne pourra pas le changer.
La partie sera très difficile à jouer pour ceux qui vont rester mais je pense que mieux organisés, les travailleurs indépendants qui gardent l’amour de ce métier peuvent espérer résister encore quelque temps face à l’invasion des étrangers dont beaucoup d’unités sont exploitées par des salariés dont charges et salaires grèvent les résultats des Sociétés qui les emploient.
Seuls et isolés, les mariniers ne peuvent faire face à ce dilemme si ce n’est de se faire exploiter. Par contre la CNBA peut résoudre et trouver les solutions .C’est l’organisme reconnu qui peut avoir audience auprès des instances politiques, des complexes économiques, des organismes d’État et avaliser des suggestions dignes de sauvegarder la profession en la valorisant dans l’opinion publique avec les médias.
A ce titre, pourquoi ne voit-on jamais de publicité dans les journaux de grande diffusion ? La CNBA et le CIS devraient apparaître en GRAND. Diffuser et se faire Connaître comme des produits connus du grand public et qui continuent à se publier. Même dans des journaux qui n’ont pas de vocation professionnelle, le nom de la boîte apparaît encore.
C’est un métier et le publiciste Ségala en sait quelque chose. La communication est une nécessité réelle de la vie économique.

    Les deux choses positives que je retiens : la création de la CNBA et le CIS .Deux merveilleux outils qu’il faut moderniser en améliorant leur efficacité tout en préservant l’intérêt général.
Votre bulletin d’informations est le seul journal pour communiquer avec vos assujettis mais il circule également dans d’autres mains. Il manque d’allure et fait un peu (excusez-moi) mortuaire et figure de parent pauvre. Il faudrait lui donner de la couleur et le compléter par l’apport de comptes rendus de vos démarches, insérer un peu de Pub (le CIS n’est pas cité), quelques photos avec de petits reportages courts mais révélateurs donneraient plus envie de le lire.

Autant de remarques n’engagent que moi bien sur, mais je tenais simplement à vous faire part de mon opinion et vous donner l’avis de quelqu’un qui apporte un regard de l’extérieur, en toute objectivité car sans aucun intérêt d’aucune sorte. Ne voyez en moi qu’un simple observateur averti et critique mais toujours animé d’un esprit constructif dans l’intérêt général.

Je vous souhaite bonne réception et vous prie de croire, Monsieur le Président, en l’expression de mes sentiments les plus respectueux,

Jean-Claude Verrier 
56 Rue Demeester
62880 Annay

Avec copie à FAUVE et autorisation à publier du 14 mars 2005                                                       Témoignages sommaire

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