COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le mercredi 10 mai, les neuf bateaux d'animation culturelle et de réception de public amarrés au Port de la Gare dans le XIIIème arrondissement de Paris ont décidé collectivement, à travers l'association 13oQuai, de manifester leur exaspération face aux pratiques du Port Autonome de Paris en hissant des banderoles.

Depuis 7 mois, le Port de la Gare n'est qu'un immense chantier. Dans ce contexte dramatique économiquement, nous dénonçons le degré zéro de concertation et le total mépris pour nos conditions d'exploitation dont fait preuve le Port Autonome.

Nous dénonçons parallèlement l'état de précarité que le Port Autonome nous impose afin de mieux nous soumettre. Une forme de chantage dont la pratique est indigne d'un établissement public.

Nous demandons la suppression des loyers durant la période des travaux et une réponse sans équivoque sur le devenir des différents bateaux au Port de la Gare.

Toutes les informations, photos et contacts : www.13oquai.com


COMPLÉMENT D'INFORMATION 


Depuis septembre 2005 d’importants travaux sont en cours sur le quai de la Gare : la création de la passerelle piétonne «Simone de Beauvoir » reliant la BNF au parc de Bercy, l’implantation d'une piscine flottante, ainsi que le réaménagement de l’ensemble des terre pleins sous l’égide du Port Autonome de Paris (PAP). Quatre chantiers travaillent simultanément sur le site.

Le Port Autonome de Paris avait assuré que ces travaux n'auraient pas d'incidence sur les exploitations des bateaux de réception de public stationnés sur le port.

Après sept mois de travaux, une évidence s'impose : l'établissement public a totalement sous estimé l'ampleur des travaux et les nuisances qu'ils induisent pour les bateaux. Le quai n'est plus qu'un bourbier traversé de tranchés, encombré de monticules de sable, de pavés, de tuyaux et de véhicules de travaux publics. Les bateaux quant à eux sont parqués derrières des barrières métalliques de 2 mètres de haut. Il apparaît aujourd’hui évident que ce chantier ne devait pas être entrepris sans le déplacement des bateaux et que le Port a commis une grave erreur d'appréciation puis de gestion de ce chantier.

La conséquence de ces travaux est une chute de l'activité commerciale des bateaux allant jusqu'à 40 %, les parisiens n'ayant naturellement aucune envie de fréquenter un chantier et les plus courageux d'entre eux étant souvent amenés à renoncer du fait des difficultés d'accès aux établissements.

Dans ce contexte, il est stupéfiant mais aussi symptomatique de constater que le Port Autonome de Paris n'a jamais imaginé de faire un quelconque geste commercial quant aux loyers réclamés aux bateaux du quai de la Gare. Des loyers de 2500 à 4000 euros par mois qui ne sont déjà pas faciles à assumer dans des conditions d'exploitation normales pour des établissements dont une bonne part développent une programmation culturelle à l'équilibre financier précaire.

Ce n'est que sous la pression de la mairie de Paris que 13oQuai, l'association regroupant les bateaux du quai de la Gare, a réussi à obtenir le 24 février dernier, cinq mois après le début du chantier, une première réunion de concertation avec le directeur de l'agence portuaire centrale. La principale avancée de cette réunion a consisté à obtenir un éclairage du quai, ce dernier étant plongé dans le noir depuis le début des travaux.

Parallèlement, une menace d'action collective et un premier reportage sur France 3 Ile de France début mars, a conduit le Port Autonome de Paris à accorder une réduction de 25 % "non négociable" du loyer. Cet abattement, fixé arbitrairement, sans aucune relation avec le montant de nos pertes d’exploitation, est une aumône inacceptable.

Face au refus collectif des bateaux d'en rester à ce stade, le PAP a demandé à chaque établissement de fournir des éléments comptables attestant de ses pertes financières. Nous avons accédé à cette demande, l’ensemble des bateaux ayant remis un dossier fin mars. Depuis, aucune réponse ne nous a été apportée.

On imagine que cette situation peut durer très longtemps. Par ailleurs, il est évidemment très difficile de quantifier avec exactitude à chaud l’ensemble des préjudices subis tant ils concernent des réalités fort différentes. Chaque bateau ne manquera pas de former un recours en indemnités auprès du tribunal administratif dans les quatre ans à venir comme la loi nous le permet mais l'urgence est aujourd'hui d'alléger nos charges pour traverser une période très difficile. Une simple visite sur le quai de la Gare ne suffit-elle pas pour immédiatement comprendre que nos pertes d'exploitation dépassent très largement les 3 à 4000 euros par mois ?



Les problèmes d'exploitation que nous rencontrons sont d'autant plus difficiles à gérer qu'ils interviennent dans un contexte très particulier. En avril 2005 le PAP a lancé un « Appel à projet » très largement ouvert à l’extérieur pour sélectionner les bateaux qui auraient vocation à s'installer sur le quai de la Gare après réalisation des travaux actuels. Malgré notre ancienneté, de plus de 10 ans pour certains des bateaux, il nous a fallu tous soumissionner à pied d’égalité avec des projets extérieurs qui ne connaissaient le quai de la Gare que de nom.

Il était prévu "une finalisation des relations contractuelles" au quatrième trimestre 2005. Ce délai n'est absolument par respecté. A ce jour, les bateaux ont reçu une simple lettre circulaire liant l’éventualité de la signature de nouvelles conventions à des conditions mettant essentiellement l’accent sur la seule rentabilité financière et la sécurité de paiement à apporter au Port.

En attendant, les conventions d'occupation des bateaux du Port de la Gare sont renouvelées par tacite reconduction de mois en mois. On comprend trop bien l'avantage que le Port autonome de Paris retire de la situation de précarité qu'il nous impose et la docilité qu'il en attend. On comprendra aussi que nous "n'osons" défier le Port qu'à travers une structure collective, l'association 13oQuai regroupant l'intégralité des bateaux du quai de la Gare. On ne sera pas surpris enfin d'apprendre que le PAP refuse de reconnaître 13oQuai comme interlocuteur.


Nous demandons :

1/ Une exonération totale des loyers octroyée à tous les bateaux et ce pendant toute la durée des travaux

2/ Des mesures concrètes et significatives pour assurer un minimum de confort et de sécurité aux usagers du quai et en particulier une signalétique à la mesure du chantier

3/ La signature de nouvelles conventions d'occupation ou un engagement écrit clair, avant mi-juin, pour les bateaux restants sur le Port de la Gare.

4/ Le replacement sur Paris pour les bateaux amenés à quitter le Port de la Gare.


Remarque finale

Tout établissement public ne porte pas intrinsèquement en lui un mode de fonctionnement autoritaire. C'est pourquoi nous tenons à souligner que la situation de crise que nous connaissons aujourd'hui découle directement du type de relation imposé depuis près de 10 ans par l’Agence Portuaire Centrale du Port Autonome de Paris. Usant et abusant de toute puissance que confère le droit administratif à un établissement public sur ses amodiataires, l'Agence Portuaire Centrale, étrangère à toute forme de concertation, pratique au quotidien la décision brutale, arbitraire et unilatérale. Une dérive qui conduit bien loin de ce que l'on est en droit d'attendre d'un établissement assurant la gestion par concession d'espaces publics appartenant à tous.

Vers le dossier "Témoignages"

Accueil       Sommaire 1    Aide   Table    Tous droits réservés     04/03/14     Ceci est une  Production     PENICHE.COM