PARIS       le pont des Arts et le Louvre

Par un ciel étoilé, sur ce beau pont des Arts,
Revenant tard et seul de la Cité qui gronde,
J'ai mille fois rêvé que l'Eden en ce monde
Serait de mener là mon ange aux doux regards;

De fuir boue et passants, les cris, le vice épars;
De lui montrer le ciel, la lune éclairant l'onde;
Les constellations dans leur courbe profonde
Planant sur ce vain bruit des hommes et des chars.

J'ai rêvé lui donner un bouquet au passage;
A la rampe accoudé ne voir que son visage,
Ou l'asseoir sur ces bancs d'un mol éclat blanchis;

Et quand son âme est pleine et sa voix oppressée,
L'entendre désirer de gagner le logis,
Suspendant à mon bras sa marche un peu lassée.

                                                       SAINTE-BEUVE

Par un ciel étoilé, sur ce beau pont des Arts,
Revenant tard et seul de la Cité qui gronde,
J'ai mille fois rêvé que l'Eden en ce monde
Serait de mener là mon ange aux doux regards;

De fuir boue et passants, les cris, le vice épars;
De lui montrer le ciel, la lune éclairant l'onde;
Les constellations dans leur courbe profonde
Planant sur ce vain bruit des hommes et des chars.

J'ai rêvé lui donner un bouquet au passage;
A la rampe accoudé ne voir que son visage,
Ou l'asseoir sur ces bancs d'un mol éclat blanchis;
 
Et quand son âme est pleine et sa voix oppressée,
L'entendre désirer de gagner le logis,
Suspendant à mon bras sa marche un peu lassée.

                     SAINTE-BEUVE

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